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VU D'ISRAEL

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Histoire et Prospective


La dynamique des images

Publié par Frédérique Schillo sur 9 Septembre 2013, 17:28pm

Catégories : #Articles

La dynamique des images

La couverture médiatique du conflit israélo-palestinien n’a cessé d’évoluer ces dernières années. Internet a non seulement transformé la façon dont on « consomme » l’information de par le monde – et singulièrement en Israël-Palestine où environ 70% des habitants utilisent internet –, il a aussi révolutionné la pratique journalistique.

Les nouveaux médias offrent aujourd’hui une pluralité de points de vue. Ils viennent s’ajouter aux médias traditionnels déjà surreprésentés dans la région : on comptabilisait 1 400 journalistes étrangers en 2012 ; ils sont plus de 2 000 dans les périodes de crise au Proche-Orient.

A ces différentes sources s’ajoutent désormais les acteurs du conflit, devenus eux-mêmes producteurs d’information après avoir intégré les nouveaux médias dans leur politique de communication. C’est la grande nouveauté de ces dernières années en Israël. Suite à l’échec de la Seconde Guerre du Liban (2006), Israël a déployé un effort considérable en direction de la Hasbara, le nom donné à sa diplomatie publique. Au moment de l’opération « Plomb durci » (2008) puis de l’affaire de la flottille de Gaza (2010), l’armée israélienne, qui fermait jusqu’alors l’accès aux médias, a assoupli sa position à l’égard des journalistes étrangers en même temps qu’elle renforçait son influence dans les médias sociaux. Résultat : pendant l’opération « Pilier de défense » fin 2012, YouTube, Facebook et Tweeter ont été utilisés comme de véritables machines de guerre (le Hamas a fait de même de son côté), parachevant ainsi la volonté du porte-parole de Tsahal qui déclarait quelques années plus tôt que « la blogosphère et les nouveaux médias étaient devenus une nouvelle zone de guerre ».

Curieusement, malgré cette évolution cruciale, la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien continuait d’être analysée de la même façon, selon une méthodologie ancienne qui consiste à se focaliser sur le contenu des médias, en comptant et en évaluant le nombre de mots, de phrases, de textes ou d’images. Le but, toujours le même, étant de démontrer in fine l’orientation politique des médias, en les taxant de pro ou d’anti (israélien ou palestinien, c’est au choix) ; bref de dénoncer une information biaisée.

Face à ce paradoxe – la permanence d’une approche politico-étatique alors que se diversifient les moyens de représentation – nous avons souhaité avec Jérôme Bourdon, professeur au Département de Communication de l’Université de Tel-Aviv, montrer comment les représentations du conflit israélo-palestinien évoluaient sans cesse, comment elles étaient produites, présentées, discutées, débattues même, de façon inattendue et ce, par une multitude d’acteurs.

Dans cette perspective, un colloque international a été organisé avec des historiens, des sociologues, des analystes du discours, des spécialistes de littérature, mais également des journalistes, des blogueurs, d’anciens représentants du bureau de presse gouvernemental israélien, des réalisateurs de films et des dessinateurs de presse (l’extraordinaire Michel Kichka, dont nous reproduisons ici un dessin).

On retrouvera dans le volume du Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, 13 des 22 interventions de ce colloque qui s’est déroulé les 7 et 8 novembre 2011 au CRFJ et à l’Université de Tel-Aviv.

Illustration : Michel Kichka, « Cartooning the conflict »,http://bcrfj.revues.org/6877, in J. Bourdon et F. Schillo (ed.), « The Dynamics of Images in the Israeli-Palestinian Conflict », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, 23, 2012.

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