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VU D'ISRAEL

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Histoire et Prospective


En Hongrie, Netanyahou et Orban sur « une même longueur d’onde »

Publié par Frédérique Schillo sur 4 Août 2017, 08:59am

Catégories : #Dans les médias

Le premier ministre israélien est arrivé en Hongrie, mardi 18 juillet, pour la première visite d’un dirigeant d’Israël en Europe centrale depuis la chute du communisme.

Avec son homologue hongrois, le populiste Viktor Orban, il partage un même ennemi, le milliardaire juif américain d’origine hongroise, Georges Soros.

Benjamin Netanyahu aux côtés de Viktor Orban lors d’une conférence au parlement de Budapest, en Hongrie, le 18 juillet 2017. / Karoly Arvai / Afp

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou entame mardi 18 juillet une visite de deux jours en Hongrie, tombant à point pour son homologue Viktor Orban, accusé de complaisance avec l’antisémitisme dans sa croisade contre le milliardaire George Soros. La rencontre entre les deux dirigeants relève d’une symbolique importante.

Pour l’historienne Frédérique Schillo, spécialiste d’Israël, « les deux dirigeants sont sur une même longueur d’onde. Ils se rapprochent sur plusieurs dossiers : l’anti-islamisme, leur proximité avec Trump, etc. Plus généralement, leur rencontre vise à symboliser une nouvelle relation basée sur un conservatisme et un nationalisme sans pudeur ».

À lire : Viktor Orban, l’homme qui joue avec les nerfs des Européens

Unis par leur hostilité à Georges Soros

Cette ligne conservatrice s’est récemment illustrée sur le cas de Georges Soros. Depuis plusieurs mois, le premier ministre hongrois mène la lutte contre le milliardaire et sa fondation Open Society. Après des attaques contre l’Université d’Europe centrale, financée par le milliardaire juif d’origine hongroise, Viktor Orban a lancé une campagne d’affiches présentant un Georges Soros ricanant, accompagné du slogan « Ne le laissez pas rire en dernier ».

Malgré les protestations de l’ambassadeur d’Israël à Budapest, dénonçant le caractère antisémite de ces affiches, Tel-Aviv a refusé de critiquer officiellement son allié hongrois, déclarant dans un communiqué que Georges Soros « discrédite les gouvernements élus démocratiquement en Israël en finançant des organisations qui diffament l’État juif et lui nient le droit de se défendre ». En ligne de mire, des ONG israéliennes opposées à la politique de colonisation de l’État hébreu, financées par Georges Soros – à hauteur de 10 millions de dollars en 2016 –, comme B’Tselem, Breaking the Silence, le New Israël Fund, Molad et même le lobby juif américain J-Street, très critique envers la politique du Likoud (parti de droite nationaliste) du premier ministre israélien.

Les risques de la realpolitik

Comme le souligne Frédérique Schillo, la rencontre entre les deux leaders populistes « relève d’une logique de real politik. » L’alliance avec la Hongrie présente des intérêts à la fois économiques, mais également politique, Israël se cherchant des alliés sur la scène mondiale. Le premier ministre israélien rencontrera d’ailleurs mercredi ses homologues du groupe de Visegrad, un groupe informel réunissant quatre pays d’Europe centrale, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie.

« Benyamin Netanyahou multiplie les rencontres pour transmettre un même message : Israël n’est pas isolé, poursuit Frédérique Schillo. Pourtant, dans la réalité, c’est tout le contraire, comme on peut le voir dans les votes à l’ONU. Par ailleurs, le premier ministre se détache progressivement de ses soutiens. En particulier sur le dossier Soros où, au nom de la Realpolitik, il a sacrifié la défense de la diaspora hongroise, qui a vécu très douloureusement cet épisode. De même, il a contredit l’objectif de lutte contre l’antisémitisme, qu’il avait pourtant affiché quelques jours plus tôt en participant aux commémorations de la rafle du Vél d’Hiv en France. »

Claire Guyot                         

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